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« Je n’aurai donc pas de raison d’être que les raisons édictées par toi ?
Je n’aurai donc pas d’autres attitudes que les mêmes que les tiennes ?
Je n’aurai donc pas d’autres alternative que répéter et répéter à l’infini les mêmes bêtises, les mêmes, les mêmes sottises que toi ?
Tu m’exclus, je t’exclus. Tu m’agonies d’injures, je t’agonie d’injures. Tu me frappes et je t’enferme dans le plus profond et le plus absolu des mépris. Et naturellement, comme tu ne m’aimes pas, je te le rends au centuple.
Mais ! ! Mais, ce faisant, je n’ai pas inventé mon monde, je ne suis que le pâle reflet du tien. Et, à vouloir te ressembler, t’égaler dans tous tes actes, je me perds, je ne suis plus moi…si différente. Car je suis différente, absolument autre, et revendiquant hautement la reconnaissance de cette altérité. La consécration de cette altérité !
Pourquoi devrai-je me contenter d’être ta copie ? Pourquoi devrai-je me faire violence pour être autre que moi-même ? Pourquoi devrai-je me dépouiller de moi pour te ressembler, alors que tant de choses en toi me heurtent et me blessent ? A commencer par la gestion du Monde, qu’en despote parfait, tu mène à ta guise, depuis bientôt trois mille ans.
Alors que je rêve de paix .
Alors que je rêve d’amour
Alors que je rêve d’harmonie. Et l’harmonie, cela ne peut se construire dans un monde où une ségrégation sexiste, parfois à visage découvert, parfois de façon plus subtile, exclut la moitié de l’humanité, d’abord de sa dignité, ensuite, de tous les attributs que lui vaut sa condition humaine.
J’ai envie de te dire à toi, c’est tous les jours qui doivent être les jours de la femme, ( y a-t-il un jour de la Fête de l’homme), car , c’est tous les jours qu’auprès d’elle, tu déposes ton fardeau ! !
J’ai envie de te dire qu’au plus profond de son sein, tu as évolué avant que de naître et d’avoir la prétention d’en devenir le maître ! !
J’ai envie de te dire que j’aurai plutôt voulu avoir un compagnon et qu’alors, librement, par amour, je t’aurai donné et mon corps et mes pensées et mes joies. Et nous aurions tenté de construire l’harmonie. Ensemble.
J’ai envie de te dire, tu n’es pas beau dans ta violence et j’aurai voulu t’admirer.
J’ai enfin envie de te dire, j’ai encore tant d’amour pour toi, qui est un autre moi-même, une autre face de moi, et c’est ta violence seule, lorsque tu te proclames unilatéralement mon maître, qui fait que tu en sois privé ».
Je la regardais pleurer, blessée par moi, homme et être humain comme elle…j’au pu alors parler tout doucement, comme on parle à un bébé sorti de ses entrailles, j’ai voulu me racheter ? Je crois. J’ai dit :
« Cesse de pleurer,
J’arrête de gueuler.
Je ne voudrais pas te jeter des fleurs, elles sont toujours trop chères d’ailleurs, même si c’est pour les jeter sur toi.
Il faudrait d’abord que je puisse te débarrasser de cette couverture qu’on t’oblige à garder sur la tête ou sur le corps ou sur tes pensées, peu importe.
Tu conçois ta vie entre 8h et 16h, secrètement et librement formulée, dans un groupuscule de femmes qui refusent les hommes.
Oui, qui refusent les hommes.
Pour une fois.
Hélas ! !
Cesse de pleurer
J’arrête de gueuler.
Etre de chair et de sang,
Aller, viens, on va revenir à avant,
Tu te souviens ?
Les entrailles dans lesquelles nous avons été conçu, toi ,et moi, de la même façon.
Il n’y avait ni fort ni faible à ce moment là !
C’est parce que dans la vie, il faut un faible et un fort, m’a-t-on dit.
Cesse de jouer le rôle du faible.
Je ne suis pas aussi fort qu’on le croit ! ! !
Etre de chair et de sang,
Comme moi, tu es bâtie
Comme moi, tu viens à la vie
Comme moi, tu partiras.
Mais alors, pourquoi y a-t-il une différence ?
Je suis toujours du côté ensoleillé,
Tu es toujours du côté le plus sombre,
Du moins, dans ce pays.
Regarde autour de toi et cesse de pleurer,
Parce que moi, j’arrête de gueuler.
On t’a fait un jour où il faut fêter ta liberté.
Pourquoi te rappeler sans cesse que par le passé,
Tu as été enchaînée,
Tu as été enterrée vivante,
Tu as été dilapidée de ton droit à la parole.
Et …il a fallu que tu sois déchaînée,
Pour te donner UN jour.
Un jour sur 365 jours,
Où tous les hommes doivent s’arrêter publiquement pour penser à toi !
Pourtant, en coulisse, moi, c’est tous les jours que je pense à toi ;
Tu me fais rire.
Tu me fais pleurer.
Tu me fais valser,
Même si sur la piste, par galanterie, je mène le pas.
Femme, sœur, mère, fille et cœur,
Lune fraîche de mes chaudes journées,
Soleil de mes nuits sombres et glacées.
Arrête de pleurer,
Je cesse de gueuler.
Femme,
Pourquoi parle-t-on de faiblesse quand on s’adresse à toi alors que je connais ta force :
Celle qui m’a propulsé à la vie
Celle qui t’a fait sortir dans les rues pour crier ton horreur face à la barbarie.
Cette force qui t’a faite marcher pour soutenir la démocratie.
Quand tu t’es faite belle et élégante pour dire qu’en Algérie les femmes ne meurent pas sous leur foulard
Quand tu as brisé les murs du silence en martelant les lames des couteaux tenues par les sanguinaires.
Femme, sœur, mère, fille et cœur,
Quand est-ce que tu as été faible dis ?
Quand tu donnes la vie au milieu de douleurs qui déchirent tes entrailles ?
Quand tu me tiens les jambes pour que je ne tombe pas, pourtant plus lourd que toi ?
Quand tu effleures mon visage de tes mains, pour effacer les traces d’une fatigue et anéantir mon désir du laisser aller ?
Quand tu me pousses vers l’avant ?
NON .
Non, tu es faible, parce que tu continues à croire qu’un seul jour par année t’appartient !
Femme,
Tous les jours te sont offerts pour bâtir demain.
Car, tu vois, qu’on le dise ou qu’on ne le dise pas,
Tu restes le chantier de construction de l’humanité.
Femme, sœur, mère, fille et cœur,
Chapeau bas ».
Ce texte avait été lu en public lors de la soirée de F.A.M (Femmes Algériennes Médecins, le 08 mars 2000), je le remet avec les voeux de Yvette qui continue.....
Il se dit que c'est la
journée de la femme,
faut il attendre ce jour spécialement pour
vous dire que vous êtes les plus belles,
les plus courageuses, les plus vaillantes,
celles qui donnent sans attendre en
retour...
je vous envoie un joli matin de ma
fenêtre tout ensoleillé d'un gros soleil doré
qui illumine ce début de semaine,
vous le sentez ce beau soleil ???
Je vous embrasse les femmes
et encore bonne fête.
Yvette qui vous aime.
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