Partager l'article ! La lettre d'Yvette: Fin de journée paisible… Je vais d’une marche tonique, entraînée par mes « de ...
Fin de journée paisible…
Je vais d’une marche tonique, entraînée par mes « deux fauves », qui me précèdent, la truffe au ras du sol, s’arrêtant à chaque touffe d’herbe fleurant bon… il fait super beau, le sous bois est paisible, juste le léger bruit du vent dans les feuilles et les quelques appels d’oiseaux cachés. Je respire profondément je suis bien.
La rivière brille sur la gauche du chemin emprunté, elle épouse les berges, sinueuse, paresseuse en cette fin de journée.
Puis je suis chez moi, envie de ne rien faire il fait vraiment trop beau. Un coup d’eau fraîche à même la bouteille, allongée sur ma chaise longue préférée, je fais encore un peu le lézard. Les chiens, après s’être éclaboussés d’eau à lampées rapides, se couchent prés de moi.
Je regarde le jardin, un fouillis de fleurs qui déclinent un peu, d’arbustes jaunissants, le tout planté dans le moindre bout de terre libérée, ma folie jamais disciplinée, et encore, juste devant en plein milieu de la pelouse, le cerisier, un vieux géant de 25 ans, poussé haut, ses branches dressées en désordre et que nous n’avons jamais entaillé d’un pouce, parce qu’il devient une vraie jeune fille au printemps dans sa magnifique robe de mariée, tout pleine de fleurs blanches, délicates, une merveille de la nature offerte.
Et mes yeux regardent encore, là haut un ciel d’un bleu si clair qu’il en est transparent, tout doré d’un soleil finissant.
Il n’est pas calme ce ciel, mais animé des traceuses d’éphémère, des fileuses aux cris fous, qui semblent aller nulle part pour toujours revenir, les noires hirondelles au ventre blanc.
Elles vont et viennent, rapides et pour quelques temps encore, s’enivrent d’air qu’elles avalent avec l’insecte, à petits cris.
Elles me paraissent animées d’une envie de tout voir de tout prendre, surtout ne rien oublier pour le futur voyage.
Déjà sur les fils électriques, les parents et les jeunes de l’année, posés en une portée, composent une musique, dont elles gardent le secret. Elles se consultent, donnent aux petits les recommandations pour la longue traversée
J’aime à imaginer, qu’elles vont en vols groupés, survoler la Méditerranée, pour arriver enfin, épuisées, sur la terre d’Algérie.
Et moi en rêve, yeux fermés je me revois, les attendant comme avant, quand petite, allongée sur le carrelage frais du couloir de chez moi à Gambetta, caressée de cet air qui passe de la rue à la cour, je regardais ce coin de mur la haut et ce nid si petit qui abritait à nouveau ces amoureux fidèles, revenus au pays.
Yvette
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